Issu du vivier de jeunes talents qu’est le Conservatoire National Supérieur de Paris, voici un pianiste pour lequel rendre hommage à Oscar Peterson semblait aussi naturel que légitime. L’exercice nécessite pourtant un énorme travail d’écoute, le célèbre musicien canadien ayant enregistré plus de 200 disques sous son nom ; il s’agit ensuite d’effectuer une analyse méticuleuse de ses arrangements sophistiqués, de son vocabulaire incorporant blues et bebop, de sa sonorité singulièrement limpide, le tout mis en oeuvre avec une indispensable virtuosité.
Ayant très tôt étudié Art Tatum et Fats Waller au même titre que Ravel ou Chopin, Pierre Le Bot s’en sort avec un plaisir évident et fort communicatif, secondé en cela par les excellents Philippe Dardelle à la contrebasse et Patrick Filleul à la batterie.
En plus de se spécialiser dans le répertoire d’Oscar Peterson, ce trio a par ailleurs acquis la solidité et la cohérence sans faille qui lui permettent très régulièrement d’accompagner de nombreux solistes français, ou américains, comme Maurey Richards, Robby Edwards, Boney Fields, ou encore Sweet Screamin Jones, David Sauzay, Baptiste Herbin, et plus récemment le célèbre Richie Cole.